GlyPopPART

Exercice de style autour du Pop Art

« Attention, cet article peut contenir des traces de glyphosate ! Comment faire d’un sujet tabou une réflexion positive ? Comment traiter un produit chimique à réputation sulfureuse par le biais inattendu de l’art ? […]. Exposition détonante et étonnante. À la lettre près, elle explose et tranche dans le vif. Le tout est une question de regard ». (Extrait de l’article de Marie-Aimée Ide, revue Maine Découverte, à paraitre en juin 2021)

Du 29 mars au 19 mai 2021, à l’entrée de l’exposition « GlyPopArt » installée dans les ateliers de Machinisme du lycée, le public reçoit une boite de «Roundoprine », clin d’œil et travail graphique autour du célèbre médicament., avec à l’intérieur, la vraie/fausse notice qui présente… l’exposition. Ce projet artistique (MG1-EIE Projet Culturel), mené en lien avec le réseau art’ur, s’inscrit également dans le cadre du dispositif national EcophytoTER qui vise à accompagner la diminution de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en agriculture.

De septembre à décembre 2020, les jeunes ont réalisé un travail d’enquête et d’exposés afin de mieux appréhender, au-delà de leurs perceptions de départ, toute la complexité des enjeux et des débats : chercher à s’informer sur le glyphosate, c’est se confronter rapidement à des analyses radicalement contradictoires, aux certitudes et incertitudes profondes qui accompagnent cette transition agro-écologique et sociétale.

Petit à petit, l’art s’est immiscé dans ce parcours jusqu’à y prendre toute sa place, au travers d’une découverte et d’une initiation à l’art contemporain, principalement du mouvement Pop Art. S’arrêter, prendre de la distance… se décaler ; est-ce possible de poser un regard différent ? Laisser libre cours à son imagination, sa créativité, jouer aussi avec les questions du moment, sans forcément « prendre position », trouver un espace de liberté sur une question qui cristallise : appréhender ce que pourrait être la spécificité d’un regard artistique.

Le Pop Art a été choisi afin de proposer un support relativement accessible et qui semblait entrer en résonance, historique et culturelle, avec le phénomène du glyphosate : un certain regard sur la société industrielle, la société de consommation, des produits ou des personnages érigés en icônes, le marketing, la publicité, le cinéma, la bande dessinée, la culture de masse… Quelques clefs esthétiques ont été également proposées pour aider les élèves et préciser leur regard : couleurs vives, complémentaires, des aplats, peu de détails, des images dégradées, une absence de perspective, d’ombre, des images en série…

Utiliser les codes du Pop Art, prendre de la distance par rapport aux discours, éventuellement les détourner et s’engager dans une recherche esthétique autour d’un sujet vif et complexe : autant de défis que ces artistes « en herbe » ont dû relever : qu’ils en soient félicités !

Benoît Le Meur,

ESC Le Mans, 2021.

benoit.lemeur@educagri.fr

Auteurs : Terminales CGEA 2020-2021 ; Direction artistique : Jean-François Mollière (auteur photographe) ; Graphisme : Jérémy Florent ;

Intervenants semaine artistique : Pascal Aubin (Chef déco cinéma), Emilien Playe (étudiant Beaux-Arts) ; Autres intervenants : Eloïse Keller, cheffe de projet agro-écologie (EcophytoTER), Annick Kerrello (enseignante agronomie) ; Coordination : Benoît Le Meur : enseignant en éducation socioculturelle.

Partenaires : AgroCampus La Germinière, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, Ministère de la transition écologique et solidaire, EcophytoTER, Office Français de la Biodiversité, Bergerie Nationale, Région Pays de la Loire, Réseau Art’ur, PUBLI 24.

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